Origine du nom
Cette appellation pourrait dériver des mots latins cupreus, cuivre, ou cuoa, cuve appliquée à une hauteur. Formes anciennes : Cobrium cart.de saint pons, 1343, Cuebri 1430, Cuebris 1605.Dans des textes du XI siècle, le village apparaît sous le nom de Codolis ou encore Codols.
Histoire
Le territoire fut habité sans interruption du néolithique jusqu’à la période gallo-romaine. Au début du XI siècle, le premier seigneur de Cobrium, Laugier Le Roux, est cité dans un acte de donation du cartulaire de l’abbaye de Lérins. Plusieurs familles seigneuriales lui succèdent. Des documents de 1176 mentionnent la présence des Templiers. Vers 1320, Geoffroi de Chateauneuf, alors seigneur du lieu, fit éditer un château aui dominent le village. Au début du XI siècle, Cuébris, avec ses 101 feux recensement de 1315, est la localité la plus peuplée de la région. Toutefois, avant la fin du siècle, le village s’était à moitié dépeuplé à cause de plusieurs épidémies de peste, suivies de violentes intempéries qui provoquèrent des famines. Au recensement de 1364, il ne restait plus que 49 feux, et 28 à celui de 1471. Au XIV siècle, le fief appartenant à la famille Flotte. Elle le conserva jusqu’en 1760. Lors de la dédition de 1388, Cuebris demeura provençal. En 1394, Guillaume Flotte est confirmé dans son titre de seigneur par la suzeraine, la reine Marie. Cette enclave provençale dans le comté de Nice posait des problèmes de circulation et de passage. A la suite du Ier traité de Turin 1760, Cuebris est rattaché au comté et, dans le même temps devient une possession des Isnardi, seigneur de Coursegoules, La localité fait partie du royaume de Piemont-Sardaigne pendant 32 ans, puis elle redevient françaises en 1973 lorsque, par décret de la Convention, les Alpes-Maritimes sont institués 85e département de la République. En 1815, après l2effondrement de l’empire, Cuébris est de nouveau sarde jusqu’au rattachement de 1860.
L’existence de Cuébris, sous la forme latine de Cobrium est mentionnée pour la première fois dans un acte daté de 1028, conservé dans le Cartulaire de Lérins. Laugerius Rufus et ses fils Bertrand et Rambert font donation à l’abbé de Lérins, Almaric, de biens situés dans le territoire de Saint Jean d’Aurèle entre Roquestéron et Cuébris. Laugerius Rufus premier seigneur connu, appartient à la famille comtale de Nice. Au fil du temps et à la faveur des divisions successorales, d’autres grandes familles de la région acquerront tout ou partie des droits seigneuriaux.
En 1320, un château est construit sur un promontoire rocheux très escarpé où s’appuie le village. Geoffroi de Châteauneuf, seigneur du lieu mais aussi d’Ascros, de Saint-Paul de Vence et de Saint-Antonin en est le commanditaire.
En 1388, Cuébris restée en Provence devient une enclave à la frontière des terres de la Maison de Savoie.
Le château est assiégé à ce titre, lors de la guerre de Succession d’Espagne en juin 1704. 1500 savoyards conduits par le seigneur de Blagnac entreprennent le siège de Cuébris et Entrevaux. Le prince Eugène attend du corps expéditionnaire qu’il fasse diversion, alors que l’objectif principal demeure les côtes provençales et leur verrou : Antibes. En assiégeant les forts de Cuébris et d’Entrevaux, les sardes empêcheront les garnisons françaises de perturber l’approvisionnement de la place de Nice. Le 6 juin au matin, les troupes traversent le fleuve Var et montent en direction de Gilette, puis atteignent Roquestéron. Une partie d’entre-elles bifurquent pour entreprendre la prise de Cuébris, avec dans leurs sillages les habitants de Sigale et Roquestéron, fidèle à la Maison de Savoie, bien déterminés à piller le village. Contre toute attente le château de Cuébris, comme la ville d’Entrevaux résisteront. Monsieur de Leme, capitaine au Régiment de la Reine, résiste victorieusement aux troupes ennemies. Il parvient même alors qu’elles se retirent à capturer sept soldats avec leur seigneur. C’est ainsi qu’il reçoit une gratification de 200 livres du roi «pour la bonne défense qu’il a faite du petit château de Cuébris ».
Durant la Guerre de Succession d’Autriche, en 1746 une compagnie franche et une compagnie de milice venue d’Entrevaux s’installent au château de Cuébris. Elles doivent surveiller l’Estéron de Saint-Auban au Broc et au besoin détruire le pont de Malaussène et s’emparer des hauteurs qui commandent Tourette-Revest et Gilette. En 1759, un rapport préliminaire à la rectification de la frontière qui interviendra en 1760, signale que le château est occupé par un fermier et que les troupes qui y sont installées en temps de guerre inquiètent beaucoup les sujets du Roi de Sardaigne.
L’importance du château de Cuébris est rappelée dans un mémoire en 1787. Il couvre les débouchés d’Ascros, de Tourette, du vallon du Riolan. Il est à même d’éclairer le mouvement de l’ennemi entre l’Estéron et le col de Vial. Il sert de porte avancé à la Roque (en Provence).
Une description nous informe que la porte d’entrée du château tournée vers le village est précédée par un pont-levis. Le bâtiment des écuries, crénelé, assure la défense de la porte. Une rampe étroite ne laissant la place qu’à deux hommes de front conduit à une ancienne tour à demie démolie au sommet. « On peut y écraser avec des pierres tous ceux qui y passent ». Sur le penchant opposé à l’entrée du château se trouve un « nid de pie » qui couvre le bas du vallon et enfile la rampe d’accès à la tour. Une petite citerne peut fournir à une garnison d’une cinquantaine d’hommes de l’eau pour quinze jours. Compte tenu de sa taille il peut accueillir une garnison de soixante à quatre-vingt hommes en temps de guerre.
Église Notre-Dame de la Consolation
https://www.alpesazurpatrimoine.fr/musee-imaginaire/cuebris-eglise-notre-dame-de-la-consolation
Le Château
https://www.alpesazurpatrimoine.fr/musee-imaginaire/cuebris-le-chateau
La Forge Isnard à Cuébris
https://www.alpesazurpatrimoine.fr/musee-imaginaire/la-forge-isnard-a-cuebris
Riou de Cuébris
https://randoxygene.departement06.fr/prealpes-esteron/riou-de-cuebris

